Vous connaissez certainement cette célèbre expression “Quand le bâtiment va, tout va”, elle n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui, pour tous ceux qui travaillent autour des travaux et de la construction de bâtiment.

Le bâtiment va bien.

Avec les travaux du Grand Paris, les futurs JO 2024 prévus à Paris et la reprise de l’économie mondiale, le conducteur de travaux est très convoité. Il met en oeuvre les projets d’investisseur public ou privé. En ce moment, s’il le souhaite il trouvera rapidement une nouvelle entreprise, lui permettant un gain substantiel de salaire. Les jeunes diplômés n’ont aucune difficulté à trouver un job dans ce secteur & les cabinets de recrutement ont beaucoup de travail en ce moment. C’est le grand mercato du BTP comme le dit Le Moniteur.

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Les grandes entreprises voient leurs carnets de commande garnis, les sous traitants augmentent leurs prix. Le bâtiment va bien. Pour combien de temps? On observe que la construction de bâtiment dépend essentiellement des éléments macroéconomiques, s’il y a de la croissance, les investissements reviennent dans la construction de bâtiment. Et lorsque l’économie se tasse, les grandes entreprises vont chercher de la croissance externe ou internationale.

Cette période faste permettra-t-elle aux entreprises de travaux, de se renouveler?

L’adage “Quand le bâtiment va, tout va” sous-entend que le secteur économique de la construction est le guide de l’ensemble de l’économie française, or aujourd’hui la construction ne représente qu’à peine 5% du PIB alors qu’au début des années 70, elle représentait près de 13%, cette adage est de moins en moins vérifié. La construction perd de son influence.

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Quand le bâtiment va, tout va.

L’adage initial est : “Vous le savez, à Paris, lorsque le bâtiment va, tout profite de son activité” qui est devenu dans le temps celui que vous connaissez. Martin Nadaud prononce cette phrase devant la Chambre des Députés le 7 mai 1850, en tant que député montagnard de la Creuse, lors de la Seconde République qui succéda à la Monarchie de Juillet. Martin Nadaud venait d’un milieu modeste, il était maçon avant d’être élu député, ce qui serait exceptionnel aujourd’hui. Il est arrivé à Paris pour travailler sur les chantiers avec son père avec les maçons de la Creuse. Toute sa vie, il se mobilisa sur les sujets concernants les ouvriers et la construction. Il a défendu l’instauration des retraites pour les ouvriers ainsi que la reconnaissance de la responsabilité des employeurs dans les accidents du travail. Et il croyait vraiment que le bâtiment tirait tous les autres secteurs économiques.

Cet adage était vrai à cette époque et peut être même jusqu’au année 70. On observe même que la décroissance de l’influence sur le PIB de la construction va plus vite que celui de l’industrie.

Le bâtiment doit se renouveler et trouver des nouveaux leviers de croissances. Surement dans l’économie numérique et technologique pour répondre aux nouveaux usages.